
C'est encore une sottise romantique dont il faudra vous débarrasser, mon cher poète, de croire que le dégoût de la vie soit un signe de vocation religieuse.

Ce matin à l'aube, encore tout ensuqué du rhum d'hier soir — ah ces marins martiniquais —, me levant pour aller pisser sur le pont, je jette un œil par le hublot pour voir si le monde est encore en place. Surprise ! J'entends que l'on parle de moi et de mon livre ! Le monde est petit. Voyez donc : http://hublots.over-blog.com
Hublots Philippe Annocque Autant la mer







| En dessinant des minettes, j'invente de nouveaux tests neurologiques. |



« L’artiste dilettante ne répugne pas tant à l’idée d’avoir à produire, qu’à la compromettante situation d’avoir à répondre à une demande, d’être un fournisseur. Duchamp : « Je me porte très bien sans avoir produit quoi que ce soit depuis longtemps. Je ne donne pas à l’artiste cette espèce de rôle social où il serait tenu de faire quelque chose, où il se doit au public. »
Respecter le choix de ne pas « marquer » : cela commencerait par accepter que l’option de la non-production ne participe aucunement d’un rêve nihiliste.
L’engagement à ne pas produire est, dans la plupart des cas, le contraire d’un aveu d’impuissance, voire de ressentiment, c’est-à-dire la caution d’un projet hédoniste où la discrétion le dispute à la passion. (…)
Le choix de ne pas sacrifier au rendement exigé de l’artiste, ou d’être un artiste pour soi, ne peut être rien d’autre qu’un pari sur le bonheur. »
Jean-Yves Jouhannais (art-press 220)
Quitter l’atelier confiné pour sortir vivre enfin au grand air… Se dévisser de la planche à dessin, du bureau, de la « table de peine » (comme dit Bergounioux) pour aller respirer librement en plein soleil… Idée séduisante. Mais idée qui peut servir de justification à l’impuissance créatrice.
Pour ma part, je suis du côté de la profusion généreuse, contre la rétention prétentieuse.
(Et je le prouve aussitôt en dessinant une fille en tous points
généreuse.)


