Joie improbable, joie contagieuse

9 Février 2013, 12:59pm

Publié par François Matton


 


Ce dernier livre est né de la rencontre improbable d'un désespoir terrible et d'une joie immense.

Ce n'est pas une phrase, ce n'est pas une théorie, c'est mon expérience : l'expérience d'un désespoir terrible et celle d'une joie immense ; vécues d'abord en alternance (montagnes russes éprouvantes que nous connaissons tous), et puis simultanément — c'est là que ça devient intéressant. Que la joie puisse s'élever à tout moment au cœur de l'échec le plus noir, c'est le mystère que ce livre explore. Les implications sont immenses et méritent qu'on y regarde de près. Jugez : vivre dans la misère matérielle sociale professionnelle pourrait ne diminuer en rien la possibilité du surgissement de la joie.

C'est un paradoxe fascinant. Affirmé théoriquement, ce serait insultant pour tous. Exploré dans des situations précises, vécues au quotidien, c'est pour chacun la possibilité de découvrir une porte ouverte au fond du cachot.

J'ai vécu cette drôle d'énigme de très nombreuses fois, dans des situations les plus diverses. Chaque page du livre évoque l'une d'elles.

Comme il s'agit de circonstances où le langage vacille, le recours au dessin s'est imposé. Il fallait donner à voir pour de bon, il fallait du visuel, des formes précises émergeant de l'encre noire. Montrer des corps et des visages. Montrer des maisons, montrer des camions, des machines, des usines, des animaux. Montrer des jolies filles. Montrer la réjouissante variété du monde accessible à chaque instant : il suffit d'ouvrir les yeux, de se promener, de voir, juste de voir, sans commentaire, sans histoire, c'est la joie.


Joie contagieuse. Joie redoublée.


 

 

 

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