« La finesse graphique de ce blog en fait un des tout premiers exemples d'usage intelligent et sensible du net sur ce registre.
Il donne du plaisir et à penser. Merci. »
Salut François, Alors bien achevée ta peinture in-situ dans la belle galerie ?
Ce caillou 1992 était superbe, à la fois dégrossi sous certains côtés et encore rugissant avec son allure sauvage. Je vous observais à quelques mètres sans oser intervenir car 6 bras et dos voûté ne laissaient plus de place pour un larron supplémentaire dans l'étroite cage d'escalier. Laurent était très doué dans ce genre d'activité, avec des idées surprenantes pour éviter les efforts inutiles et tout en déployant une force physique étonnante ! Après le bruit chantant des rouleaux de métal qui percutaient le sol ou son voisin, cette pierre reposait avec une pomme et desquelles tu en tiras des clichés photographiques de qualité grâce à la lumière, de la galerie de l'Ecole, qui se reflétait sur les dalles marbre gris foncé. Le tout avec un léger reflet blanc mat des cimaises nouvellement montée en parallèle des murs porteurs. Jean Clareboudt possédait un œil remarquable et un "vouloir" décidé et audacieux pour mettre en œuvre ses pièces : de grandes installations métalliques et rocheuses, vitrées aussi, entreposées au sein de larges hangars agricoles. Il déjeunait très souvent seul, dans un troquet aux abords de l'Ecole, ne se mélangeait jamais avec les autres profs, parlaient très peu mais avec précision. Il dessinait sans cesse dans un petit carnet, des croquis ou le monde alentour. J'avais visité avec lui le musée du Tau, proche de la cathédrale de Reims ; moment extraordinaire, éclairant d'entre les époques moyen-âgeuse et ce 20 ème siècle finissant. Sa passion et son humilité était un exemple. Un jour lors d'un entretien qu'il nous tint sur notre travail, il ne dit qu'un seul conseil :" donnez-vous les moyens !" . Cette injonction nous ébranla et nous en discutâmes pendant de nombreux repas : se donner les moyens de faire une photo portant le titre de photographie, d'un montage irréprochable dans l'installation, d'un dessin parfait dans les choix des matériels, matériaux et de la gestuelle, du devoir d'aiguiser le regard par un œil conscient.... Il possédait lui-même ce regard d'aigle ! En 1993 ou 94, je suis dans une abbaye situé dans l'Aisne, où se tient une expo. sur la sculpture contemporaine avec notamment Jean Clareboudt représenté par deux ou trois de ses installations basées sur le disque. Je discute avec le commissaire de l'exposition quand un visiteur nous entendit , pour se rapprocher de nous et nous apprendre que Jean Clareboudt venait de mourir en Turquie ! GRAND SILENCE ! Il était là-bas en repérage artistique avec son épouse, et ils furent tous deux écrasés par un véhicule au travers d'une rue à traverser. Souvent, je pense à lui.
"Donnez-vous les moyens !" Ca m'est aussi resté en tête. Comme une injonction légèrement culpabilisante (> je ne me donne pas les moyens, je pourrais faire mieux, je ne suis pas à la hauteur de mon ambition, etc.). Après les beaux-arts j'avais été lui rendre visite à Pierre percée (si bien nommée), où il vivait, au bord de la Loire. La nouvelle de sa mort accidentelle m'a également filé coup terrible. Etre fauché par une voiture avec sa femme à l'étranger, rien de plus brutal et de plus absurde.
commentaire n° : 2 posté par : François Matton (site web) le: 05/04/2008 15:35:04
hé François, j'ai adoré aller, entrer, lire, rêver dans la bibliothèque Carnegie... et puis j'ai peint, à l'aquarelle, les hanches de la cathédrale (même que je me suis demandé alors si ce n'était pas de sucer le pinceau qui me faisait faire des rots-comme-à-l'œuf-dur). C'était il y a peut-être 18 ans...
Alors bien achevée ta peinture in-situ dans la belle galerie ?
Ce caillou 1992 était superbe, à la fois dégrossi sous certains côtés et encore rugissant avec son allure sauvage. Je vous observais à quelques mètres sans oser intervenir car 6 bras et dos voûté ne laissaient plus de place pour un larron supplémentaire dans l'étroite cage d'escalier. Laurent était très doué dans ce genre d'activité, avec des idées surprenantes pour éviter les efforts inutiles et tout en déployant une force physique étonnante ! Après le bruit chantant des rouleaux de métal qui percutaient le sol ou son voisin, cette pierre reposait avec une pomme et desquelles tu en tiras des clichés photographiques de qualité grâce à la lumière, de la galerie de l'Ecole, qui se reflétait sur les dalles marbre gris foncé. Le tout avec un léger reflet blanc mat des cimaises nouvellement montée en parallèle des murs porteurs.
Jean Clareboudt possédait un œil remarquable et un "vouloir" décidé et audacieux pour mettre en œuvre ses pièces : de grandes installations métalliques et rocheuses, vitrées aussi, entreposées au sein de larges hangars agricoles. Il déjeunait très souvent seul, dans un troquet aux abords de l'Ecole, ne se mélangeait jamais avec les autres profs, parlaient très peu mais avec précision. Il dessinait sans cesse dans un petit carnet, des croquis ou le monde alentour. J'avais visité avec lui le musée du Tau, proche de la cathédrale de Reims ; moment extraordinaire, éclairant d'entre les époques moyen-âgeuse et ce 20 ème siècle finissant. Sa passion et son humilité était un exemple.
Un jour lors d'un entretien qu'il nous tint sur notre travail, il ne dit qu'un seul conseil :" donnez-vous les moyens !" .
Cette injonction nous ébranla et nous en discutâmes pendant de nombreux repas : se donner les moyens de faire une photo portant le titre de photographie, d'un montage irréprochable dans l'installation, d'un dessin parfait dans les choix des matériels, matériaux et de la gestuelle, du devoir d'aiguiser le regard par un œil conscient.... Il possédait lui-même ce regard d'aigle !
En 1993 ou 94, je suis dans une abbaye situé dans l'Aisne, où se tient une expo. sur la sculpture contemporaine avec notamment Jean Clareboudt représenté par deux ou trois de ses installations basées sur le disque. Je discute avec le commissaire de l'exposition quand un visiteur nous entendit , pour se rapprocher de nous et nous apprendre que Jean Clareboudt venait de mourir en Turquie !
GRAND SILENCE !
Il était là-bas en repérage artistique avec son épouse, et ils furent tous deux écrasés par un véhicule au travers d'une rue à traverser.
Souvent, je pense à lui.