« La finesse graphique de ce blog en fait un des tout premiers exemples d'usage intelligent et sensible du net sur ce registre.
Il donne du plaisir et à penser. Merci. »
Aujourd’hui j’ai passé toute la journée à faire de grands dessins sur les murs d’une belle galerie. Je vais y retourner demain et après demain. C’est
un vrai plaisir de voir le trait quitter la page pour gagner l’espace entier…
Il faudrait essayer le toit de chapelle, ça doit être pas mal pour dessiner, peindre... (Ah c'est malin. Mais j'ai un problème depuis hier : je fais des crises de bonheur, presque douloureuses. On en reparle dans 18 ans "jour pour jour".)
"C’est un vrai plaisir de voir le trait quitter la page pour gagner l’espace entier…" Tu m'étonnes, j'ai des envies de maculer tout du sol au plafond. Faudrais que je trouve des lieux à l'abandon. C'est vraiment un truc que j'ai envie de creuser ce rapport à l'espace.
"Poncer de la rouille dans l'atelier de Lydie" : Mais je comprends enfin tout !
Lydie m'avait engueulé un jour parce que son travail ( des grands cercles rouges sur d'immenses feuilles de calque que l' on rêvait de barrer par un réhaut de blanc pour y créer un "sens interdit gigantesque"-humour : arf! arf! arf!) souffrit de tache humide et poussière endommageant légèrement ladite feuille. Elle alla même déposer une plainte orale et nominative auprès de la Direction.... qui me convoqua comme un vulgaire collégien que l'on réprimande avec menace. A l'école des Beaux-Arts !!!!!!!!! Devant mon silence et ma surprise, la Direction émit alors un avertissement sur un autre sujet, quant à ma franchise trop populaire qui dérangeait au sein de l'école (des profs s'étaient plaints ; non non ! n'insistez pas, j'ai une très mauvais mémoire des noms ). A l'école des Beaux-Arts !!!!!!!! Lydie, s'expliqua avec confusion et me confia qu'on l'effrayait et sans oublier de citer Laurent D. qu'"elle ne pouvait pas sentir" (sic). Et pour cause, il pissait sans gêne dans le lavabo commun, jusqu'à ce que la timide Lydie le surprenne sans qu'il en fut pour le moins inquiet, se grattait sans cesse les cheveux, le dos, les avant bras et les omoplates entre les douches hebdomadaires et passait son temps à respirer ses mains qu'il disait ne jamais laver afin de retrouver toutes les odeurs passées. Pour cela, son habitude discrète était de porter ses doigts repliés, au nez et il inspirait par petites saccades presque imperceptibles, en fermant les yeux dans l'espoir de voyager dans le monde des odeurs de son quotidien. Ses doigts jaunis par la nicotine surplombaient des ongles de mineurs. Il adorait provoquer ainsi, le soir quand la journée s'achevait et que nous nous retrouvions autour d'une bière, deux bières etc... et des roulées à l'Amsterdamer bleu. François réfléchissait encore sur la bonne utilisation d'un nouvel outil qu'il ne parvenait pas à maîtriser: la ponceuse à rouille, le chalumeau pour noircir des baguettes de pin, des crochets aluminium pour suspendre de la ficelle. Il passait un temps infini, à genoux au sol, à tester l'outillage, le rendu, le feu à ne pas propager, le bruit à étouffer, tout en sachant qu'il dérangeait chacun, lui le premier par crainte de déranger autrui ! ... Qu'il renversait parfois dans la panique, un pot derrière lui, quand Laurent venait de lui débrancher la prise électrique. Il fixait alors l'outil sous toutes les coutures ne comprenant pas la cause de cet arrêt et c'est dans le rire très spéciale de L., Han! Han! Han! han!, qu'il saisissait la panne improvisée et puis dans un long soupir, nonchalamment s'en allait rebrancher l'appareil ; ce qui le conduisit un jour à tout emmener pour travailler chez lui. Là, Laurent ne rit plus, se trouva un peu seul. Il partait un peu triste dans son unique T-shirt blanc et blouson bleu nuit à la conquête de ses nuits de l'époque ; un homosexuel, grand, maigre, mou, passionné par lui, le piratait dans l'espoir de satisfaire une passion soudaine. Laurent s'en portait très inquiet un peu comme dans "L'heure du Loup" de Bergmann ! ;-) à suivre.....
c'est très bien.