« La finesse graphique de ce blog en fait un des tout premiers exemples d'usage intelligent et sensible du net sur ce registre.
Il donne du plaisir et à penser. Merci. »
Jean-Luc Nancy
Il y a exactement 18 ans, jour pour jour, j’écrivais :
Je prends un bain en fin d’après-midi. Il fait encore jour. Je reste allongé dans l’eau à ne rien regarder, à ne rien écouter, à ne rien penser. Puis saisis du bout
des doigts Guignol’s Band que je lis longuement. Le narrateur est séduit par Virginie, il l’aime. Plus il la regarde et plus il l’aime. Il veut lui dire, trouver le moyen de lui dire.
Elle est si jeune ! Elle parle beaucoup de tout, de rien, fait des gamineries. Il veut l’interrompre (et pourtant : ce charme quand elle parle !) Enfin il essaie, il se risque. Ce n’est
pas raisonnable, il le sait (l’écouter c’est si bon !), et de fait il déraisonne. Une fois lancé, il ne s’arrête plus. Tout y passe : ses blessures, ses cicatrices, les tranchées, le
bruit des canons, la boue, les boyaux au vent…
L’eau du bain refroidit. Il n’y a plus de mousse du tout. La lumière est faible maintenant et je dois me retourner pour continuer à lire.
*
Aujourd’hui je lis beaucoup moins.

Beaux échanges à lire
Belles interactions à venir
Juste pour le plaisir du trait et du souvenir
On se sent intimes par cette description croisée des souvenirs du passé, on partagerait presque le café du matin, et les sourires parfois complices.
A vrai dire, c'est destabilisant, la juxtaposition d'un texte de votre journal qui nous fait "voir" le passé (on s'y croirait) et de dessins qui semblent (pour moi du moins) ne pas avoir de lien.