« La finesse graphique de ce blog en fait un des tout premiers exemples d'usage intelligent et sensible du net sur ce registre.
Il donne du plaisir et à penser. Merci. »
Jean-Luc Nancy
Il y a exactement 18 ans, jour pour jour, je lisais ces quelques vers de Rimbaud :
Juifs errants de Norvège,
Dites-moi la neige.
Anciens exilés chers,
Dites-moi la mer.
Aujourd’hui je suis un peu plus énervé :

Radoter...mais pour rire :-)
Par ce lien virtuel d'aujourd'hui, mais néanmoins physique sur un autre plan vu un certain passé commun qui n'en a pas pour autant perdu de son actualité vu les rapports intrinsèques qui liaient les élèves assidus de l'école, je vais tenter une habitude : celle d' annoter par quelques additifs ton journal de l'époque et d'aujourd'hui puisque je m'y retrouve !
Une seule contrainte : Je ne rentrerai pas dans le domaine "Vie privée et citations" par respect pour les prétendant(e)s !
L'atelier Blanc de P-G W, fut un véritable espace méditatif. Je suivais les seshins d'un Maître Zen depuis 3 ans, après une initiation à Paris lors d'un voyage secret, et je m'enfermais souvent au sein de cet espace blanc pour faire zazen au milieu de ce silence nouveau à chaque seconde. Les bruits alentours disparaissaient avec aussi la prétention culturelle de certains et certaines. La vue sur la cathédrale, la lumière de l'Est inondaient ma cellule monacale des secrets subtiles bien supérieurs à l'obtention d'un diplôme.
Mon safu (connais-tu le Zen ? ) se rangeait sous les placards métalliques quand le carré était ouvert. J'appréciais sortir, serein et silencieux sans que personne ne sache quoi, de cette porte fermée. Je voyais de loin tes recherches, tes livres ouverts et tes croquis épars, étalés derrière un paravent de bois. Bien souvent nous fûmes seuls le matin. On se croisait sans trop rien dire. Tu marchais, maigre, voûté, vêtu d'un jean délavé et souvent d'un gros pull beige, surmonté d'un sac en toile verdâtre, mou, sur l'épaule. Je partais boire un café ou bien un verre de blanc. La pureté blanche des dessins à venir traitant l'espace de ma vision le long du trottoir ; blanc sur fusain.
Ainsi je paraissais voûté ? C'est une chose qui s'est corrigée avec les années. Et pour cause : j'ai également pratiqué zazen, la grande assise verticale, pendant cinq ans. Pousser la terre avec les genoux et le ciel avec la tête, menton rentré, ça vous redresse tous les dos !
Cinq années où je n'ai rien fait d'autre (ni travail ni dessin), principalement au dojo de Paris, rue Tolbiac, tous les matins, mais aussi fréquemment en sesshin ici et là (étrange même que nous ne nous soyons jamais croisés !)...
Mais alors j'étais loin d'imaginer que tu pratiquais la méditation dans ton atelier !
Quel cachotier !