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« La finesse graphique de ce blog en fait un des tout premiers exemples d'usage intelligent et sensible du net sur ce registre.
Il donne du plaisir et à penser. Merci. »

Jean-Luc Nancy

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Vendredi 28 mars 2008

Il y a exactement 18 ans, jour pour jour, je lisais ces quelques vers de Rimbaud :


                    Juifs errants de Norvège,
                    Dites-moi la neige.
                    Anciens exilés chers,
                    Dites-moi la mer.


Aujourd’hui je suis un peu plus énervé :





commentaires (6)    ajouter un commentaire

Commentaires

François, 
Par ce lien virtuel d'aujourd'hui, mais néanmoins physique sur un autre plan vu un certain passé commun qui n'en a pas pour autant perdu de son actualité vu les rapports intrinsèques qui liaient les élèves assidus de l'école, je vais tenter une habitude : celle d' annoter par quelques additifs ton journal de l'époque et  d'aujourd'hui puisque je m'y retrouve !
Une seule contrainte : Je ne rentrerai pas dans le domaine "Vie privée et citations" par respect pour les prétendant(e)s !
L'atelier Blanc de P-G W, fut un véritable espace méditatif. Je suivais les seshins d'un Maître Zen depuis 3 ans, après une initiation à Paris lors d'un voyage secret, et je  m'enfermais souvent au sein de cet espace blanc pour faire zazen au milieu de ce  silence nouveau à chaque seconde. Les bruits alentours disparaissaient avec aussi la prétention culturelle de certains et certaines. La vue sur la cathédrale, la lumière de l'Est inondaient ma cellule monacale des secrets subtiles bien supérieurs à l'obtention d'un diplôme.
Mon safu (connais-tu le Zen ? ) se rangeait sous les placards métalliques quand le carré était ouvert. J'appréciais sortir, serein et silencieux sans que personne ne sache quoi, de cette porte fermée. Je voyais de loin tes recherches, tes livres ouverts et tes croquis épars, étalés derrière un paravent de bois. Bien souvent nous fûmes seuls le matin. On se croisait sans trop rien dire. Tu marchais, maigre, voûté, vêtu d'un jean délavé et souvent d'un gros pull beige, surmonté d'un sac en toile verdâtre, mou, sur l'épaule. Je partais boire un café ou bien un verre de blanc. La pureté blanche des dessins à venir traitant l'espace de ma vision le long du trottoir ; blanc sur fusain.
commentaire n° : 1 posté par : Pierre-Grégoire le: 28/03/2008 11:50:32
Amusant ce portrait qui me revient en miroir...
Ainsi je paraissais voûté ? C'est une chose qui s'est corrigée avec les années. Et pour cause : j'ai également pratiqué zazen, la grande assise verticale, pendant cinq ans. Pousser la terre avec les genoux et le ciel avec la tête, menton rentré, ça vous redresse tous les dos !
Cinq années où je n'ai rien fait d'autre (ni travail ni dessin), principalement au dojo de Paris, rue Tolbiac,
tous les matins, mais aussi fréquemment en sesshin ici et là (étrange même que nous ne nous soyons jamais croisés !)...
Mais alors j'étais loin d'imaginer que tu pratiquais la méditation dans ton atelier !
Quel cachotier !
réponse de : François Matton (site web) le: 28/03/2008 15:07:09
Si souvent le trait est doux, sensible il y a toujours une tension latente. Parfois comme sur ce post, ça éclate. J'aime ces "sautes d'humeur", j'aime ce dessin qui rompt. Qui est comme un surgissement de ce qui coule dessous, presque caché, sous tendu.
commentaire n° : 2 posté par : lény (site web) le: 28/03/2008 12:13:33

Radoter...mais pour rire :-)

commentaire n° : 3 posté par : Coco76 le: 28/03/2008 19:38:02
C'était déjà passionnant cette série, mais avec l'arrivée de Pierre-Grégoire, je crois que je vais me dévorer ça chaque jour comme le roman que personne aujourd'hui ne sait écrire.
commentaire n° : 4 posté par : Sylvain (site web) le: 29/03/2008 00:23:40
(Oh ! Sylvain a un blog maintenant !)
réponse de : François Matton (site web) le: 29/03/2008 13:32:34
Oui François ! Voilà pourquoi, fut étendu un ancien rideau blanc (des anciens appartements  du Directeur B.O) sur le sol pour tamiser le froid, le bruit des pas et l'horrible carrelage bleu.... C'était d'un tissu superbe, de ces tissus "Madura" en chevron tressé, très coûteux (!) et   quand j'y repense,  et cette sorte de petit vandalisme, d'emprunt quant à la vie d'autrui me gêne encore aujourd'hui !
Réaction égoïste d'enfant gâté, grand bourgeois, qui attend le monde à ses pieds !!!
J'ai pratiqué Zazen de 1988 à 2006 chaque jour ; la rupture d'un ligament du genou gauche  m'a poussé à cesser cette assise en suspension. Ta définition est juste mais ajoutons, l'expir lent et régulier vers le bas, la tension énergétique de la marche Kin hin aussi !

Ce zen m'a ouvert une vue à 360 °, une pause dans la pose et la production plastique de l'époque : trait fusain sur fond blanc crayeux..
.
Aujourd'hui :  réaction d'un ancien,  depuis le travail quotidien de l'humilité et de la charité. Merveilleux travail !

 
commentaire n° : 5 posté par : Pierre-Grégoire He le: 29/03/2008 09:16:30
Les genoux : voilà la faille de la pratique de zazen. Comme le tendon pour Achille, le genou est le point qui bien souvent arrête la meilleure non-volonté (mushotoku) des plus zélés pratiquants du zen.
J'ai dû arrêter également l'assise formelle pour une félure du ménisque du genou - las...
commentaire n° : 6 posté par : François Matton (site web) le: 29/03/2008 11:17:27
 
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