« La finesse graphique de ce blog en fait un des tout premiers exemples d'usage intelligent et sensible du net sur ce registre.
Il donne du plaisir et à penser. Merci. »
Très marrant cette capitale qui se couche et s'évapore en nuage par le bas. Comme pour échapper au caractère odieux du père. Ne jamais oublier que les temps les plus dégueulasses cachent toujours la même pureté et la même sérénité "up above the clouds".
J'ai acquis puis lu le merveilleux livre de François Matton "sous tes yeux", aux toilettes. J'en ai eu de la joie. Et du plaisir. Beaux portrait en creux, et belle universalité. Merci.
"aux toilettes"... Je comprends votre souci d'avoir l'air cool - c'est le souci de tous aujourd'hui : cool et sympa -, sachez tout de même que cette précision me gache complètement de ce qui aurait pu être un compliment agréable à lire.
J'ai mes préfugés : on ne peut lire aux toilettes que pour passer le temps (je ne comprends pas non plus que le séjour aux toilettes puisse durer, qu'attend-on ? Si on est malade, constipé, médicalement ce n'est pas bon du tout de rester ainsi), on lira tout et n'importe quoi, la première chose qui tombe dans les mains. Et quelle concentration possible ?
Pour moi l'importance de ce qu'on lit au toilette est exactement du même ordre que ce qu'on feuillette dans une salle d'attente.
Mais rassurez-vous, vous n'êtes pas le seul à avoir de telles partiques. Même l'ami de Renaud Camus a pris l'habitude d'embarquer un livre à chaque fois qu'il va aux toilettes. Pour moi c'est le comble du sordide si on a pas deux ans et que le livre n'est pas interdit. Un motif évident de rupture.
réponse de : François Matton (site web) le: 07/02/2008 18:00:58
Il fallait que j'évoque le conflit des générations. Ca ne met pas très à l'aise d'écrire des choses comme ça. Ca a beau être de la fiction, on se sent aussi responsable que le personnage qu'on a créé des peopos qu'on lui prête... L'allusion au "Je te renverserais bien là sur la table de la cuisine pour me défouler si t'étais pas ma fille." est particulière insupportable. Et l'allusion super humiliant à la mère... Oui, j'ai pas mal chargé.
réponse de : François Matton (site web) le: 07/02/2008 17:48:01
Ah, je croyais que c'était un "choses vues", hier, sur le parking du supermarket. Fiction que tout cela, d'accord... D'ailleurs le rêve de départ impossible est joliment rendu ici.
(Je jure que c'est vrai : le code que je dois recopier pour poster ce commentaire est... FAF. C'est humiliant, mais je le fais, allez.)
Famille, Travail et Patrie ne sont pas ce qui tient le plus de place dans mon coeur, je dois le reconnaître. Pourtant je n'ai pas à me plaindre de ma famille - je m'entends bien avec mes frères et mes parents sont adorables. Mais j'ai horreur de la sacralisation systèmatique de la Famille, c'est certain. Les histoires de familles sont très souvent ce qu'il y a de plus pathétique et de plus ennuyeux au monde.
réponse de : François Matton (site web) le: 08/02/2008 15:09:14
et le lien avec leonard cohen est justifié comment ? est ce parce que ce sont des perdants magnifiques ?
Même Cohen, je n'arrive pas à comprendre ce qu'il dit. Mais je sens que c'est beau et j'ai joué aux dés que ça pouvait coller avec mon dessin.
(Mais si vous avez la traduction de Bird on the Wire, n'hésitez pas à me l'envoyer, je serais très heureux de la lire.)
commentaire n° : 12 posté par : François Matton (site web) le: 08/02/2008 15:47:56
je m'etais moi meme posé la question car le mystère de la poesie d'un texte est souvent deroutant dans une autre langue
j'avais trouvé quelques eclaircissements sur ce site- ce n'est pas forcement du mot à mot- c'est de la poesie aussi
http://www.leonardcohensite.com/songs/index.htm
If I, if I have been unkind, I hope that you can just let it go by. (...) Like a baby, stillborn, like a beast with his horn I have torn everyone who reached out for me.
Si je fus cruel J'espère que tu pourras l'oublier (...) Comme un enfant mort-né Comme une bête encornée J'ai déchiré ceux qui tendaient la main vers moi
(Incoyable : on dirait que c'est le père qui parle et se repent !)
réponse de : François Matton (site web) le: 11/02/2008 10:21:17
Ah oui, cela me plait vraiment beaucoup. Ce que dit le père m'a fait rire (surtout grâce au texte d'introdution : "conflits de génération" - oui, en effet) Mais la fin rassure quand même pas mal. Mieux, elle évite que les insanités du début de soient complètement gratuites.
commentaire n° : 14 posté par : Vincent (site web) le: 10/02/2008 22:30:09
Rectificatif : la lecture aux toilettes. Monsieur Matton, il est très humiliant de se faire moucher suite à un gentil mot, aussi souffrez que je vous réponde.
J'ai pensé, naïvement semble-t-il, que la petite précision géographique dont j'ai crû bon d'orner mon compliment (car c'en était un) aurait trouvé en vous un écho fraternel, tant ce lieu est pour moi celui de la liberté de l'esprit, des errances poétiques et des reflexions graves. Je n'y emporte que des ouvrages amis auxquels j'accorde toute l'attention et le temps qu'ils méritent, et un respect inversement proportionnel à la trivialité supposée de l'endroit.
Je suis d'autant plus triste d'avoir, par cette maladroite confidence, raté mon effet. Qui n'était, vous l'aurez compris, que de rendre hommage à votre poésie humble, et pas de me la jouer cool, ce que je ne suis pas.
Les cabinets sont, je l'affirme, le dernier espace d'intimité et d'exercice de la pensée de ce triste monde moderne où règnent en maîtres la promiscuité et la gesticulation.
Et l'avez vous noté, le carrelage y est souvent joli.
Puissiez-vous changer d'avis sur la question, votre esprit en sera grandi. Et ma tristesse apaisée.
Oh là là ! Je suis absolument désolé de vous avoir donné l'impression de vous moucher ! J'ai été très maladroit, je vous prie de m'en excuser. D'autant que lisant votre second commentaire, je comprends parfaitement maintenant, et je suis cette fois complètement en accord avec vous : oui les toilettes peuvent être des lieux merveilleux de repli, de cachette, de rêverie et de méditation. Bien entendu !
(Je devais être de mauvais poil. D'ailleurs la réponse désagréable que je vous avez faite est truffée de fautes, signe que ça n'allait pas.)
commentaire n° : 16 posté par : François Matton (site web) le: 11/02/2008 13:31:04
"D'ailleurs la réponse désagréable que je vous avez faite est truffée de fautes, signe que ça n'allait pas."
(Il fallait la faire celle-là !)
réponse de : François Matton (site web) le: 11/02/2008 18:40:40
Ma tristesse est apaisée. Et ma joie demeure. Merci de m'avoir répondu, monsieur Matton.