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Lundi 15 octobre 2007

















Café lumière, de Hou Hsiao-Hsien, peut se regarder avec le même détachement tranquille qui caractérise l’attitude de la jeune Yoko autour de qui tourne le film. De la même façon qu’elle ne se sent pas tenue de faire grand cas du fait d’apprendre qu’elle est enceinte, nous ne sommes pas tenus, en tant que spectateurs, d’entrer dans le film comme dans une histoire "prenante". La durée du film n’est pas un bloc de temporalité retirée à notre vécu ordinaire. Il n’y a pas de coupure, on n’est pas embarqué ailleurs, propulsé dans une autre histoire fermée sur elle-même et captivante (>qui nous ferait captifs).

Non, on peut très bien continuer à vivre tout en regardant ce film. On peut très bien ne pas oublier son corps, par exemple, rester conscient de sa posture, sans se figer, sans s’immobiliser - de même on peut rester conscient des bruits environnants. C’est assez singulier, je crois.

La dernière scène (qui n’en est pas une (il n’y a pas de « scènes » dans ce film)) montre un homme, sur le quai d’un métro, ayant en main ce qui ressemble à un revolver. Il s’agit en réalité d’un micro. Le personnage ne menace personne, il ne va pas tirer, il ne va pas faire de bruit. Au contraire : il se fait le plus silencieux possible pour capter les bruits environnants.

C’est une très belle invitation à décentrer son attention de soi - sa prétendue histoire -, pour se mettre à l’écoute de ce qui se joue autour de soi.


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