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« La finesse graphique de ce blog en fait un des tout premiers exemples d'usage intelligent et sensible du net sur ce registre.
Il donne du plaisir et à penser. Merci. »

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Samedi 11 août 2007




commentaires (14)    ajouter un commentaire

Commentaires

j'aime le trait au pinceau, plus gras avec ses pleins et ses déliés. ça change de votre trait fin habituel (crayon, pointe fine?) et on reconnait toujours votre touche, nerveuse, concise et décontractée. Bonne journée.
commentaire n° : 1 posté par : misterb (site web) le: 11/08/2007 16:34:31
Thanks, dear.
réponse de : FM (site web) le: 11/08/2007 20:36:24
Oui, bon, allez, quoi, on va dire… On va le dire. On va se décider à le dire. Même si ça ne sert rigoureusement à rien.

Comme le commentateur précédent, j'admire le trait, les traits, l'attrait, les surfaces, la couleur, l'aisance, etc.

Mais. Mais le sujet… Mais le sujet, non, François, non, je suis désolé (vous allez me répondre que ça n'a strictement aucune importance, et vous aurez bien entendu raison), je suis vraiment désolé, mais je n'y arrive pas, c'est au-dessus de mes forces, je ne comprends pas l'intérêt, je ne vois pas de beauté, de force, de… Enfin, non, vraiment, il y a de sujets, comme ça, je ne peux pas, quoi. Et pourtant, je vous admire beaucoup.

La prochaine fois, c'est promis, je fermerai mon clapet, mais là, il fallait que je le dise.

Georges
commentaire n° : 2 posté par : Georges (site web) le: 11/08/2007 17:41:16
Merci de m'admirer, cher Georges, mais je n'ai pas le sentiment de faire preuve d'un quelconque courage...
Qu'a-t-il pour vous déplaire, ce sujet ?
Deux égarés sur la banquise.
Un enfant un peu niais a revêtu de travers une cagoule qui lui donne un air pathétique - entre le koala et le zombie. Il a froid malgré son blouson fourré. Il serre contre lui sa peluche fétiche - un pinguoin, familier des grands froids. Il la serre comme Linus dans Snoopy sa fameuse couverture de sûreté (blanket). Le pingouin a l'air surpris et quelque peu gêné d'être l'objet d'une telle affection. Bien sûr ce n'est qu'une peluche, un objet, un produit de notre société d'hyper-production. En tant qu'artefact, va-t-il être un substitut satisfaisant pour cet enfant ?
Bref, n'est-ce pas une merveilleuse parabole sur la solitude, le besoin d'amour et la difficulté de l'assouvir dans ce monde glacial qui est le nôtre ?

(Hum. Je sens maintenant que vous allez m'admirer pour ma formidable capacité à discourir...)
commentaire n° : 3 posté par : François Matton (site web) le: 11/08/2007 19:33:24
"Bref, n'est-ce pas une merveilleuse parabole sur la solitude, le besoin d'amour et la difficulté de l'assouvir dans ce monde glacial qui est le nôtre ?"

Si si, bien sûr !

Mais, au fait, François, pourquoi ce besoin d'être désagréable ? Est-il si incompréhensible de vous dire que j'admire vos qualités de dessinateur ? Pourquoi me parlez-vous de courage ?
commentaire n° : 4 posté par : Georges (site web) le: 11/08/2007 23:22:33
Mais, au fait, François, pourquoi ce besoin d'être désagréable ? Est-il si incompréhensible de vous dire que j'admire vos qualités de dessinateur ? Pourquoi me parlez-vous de courage ?
Comme vous aviez écrit "Et pourtant, je vous admire beaucoup" et non "j'admire vos dessins" j'ai pensé, en bon parano, que vous étiez ironique en admirant des "capacités" en moi de m'attarder sur des aspects du monde desquels vous vous détournez.
J'ai pensé que vous sous-entendiez qu'il me fallait bien du courage pour représenter la "laideur" (mettons).
Un peu comme un contemporain de Géricault lui dirait : "Je ne comprends pas votre besoin de représenter des cadavres. Ces sujets me font horreur. Et pourtant je vous admire. Rapporter des cadavres de la morgue pour les dessiner, tous faisandés, dans votre votre atelier, il faut un certain courage...")
Ou encore, un contemporain de Warhol : "Je vous admire : puiser dans notre société de consommation les sujets de vos toiles ne doit pas être toujours très gratifiant, j'imagine. Cependant ces choses hideuses devaient très sûrement être nécessairement représentées par un peintre. Vous vous y coltinez, c'est courageux et admirable."

Maintenant c'est à moi de vous interroger, Georges : si vous trouvez que ce que j'ai dit de ce dessin (sur le fond) est recevable, qu'est-ce donc qui vous déplait dans ce sujet ? Est-ce que j'ai réussi par mon laïus à vous le faire voir autrement, ou bien continuez-vous à ne pas y trouver d'intérêt, à ne pas y voir de beauté (et pour quelles raisons) ?

commentaire n° : 5 posté par : François Matton (site web) le: 12/08/2007 09:40:46
Je suis sur le site d'un dessinateur, je parle d'un dessinateur. Pour le reste, je vous remercie de m'aider un peu à préciser ce que je ressens. Ce n'est pas simple. Je suis passé par plusieurs étapes, grâce à vos comparaisons. D'abord je me suis dit que vous aviez raison, que le sujet importe peu… (Je fais bien de la musique avec des bruits.) Ensuite, j'ai pensé qu'on ne parlait pas de la même chose. Les sons ne sont pas des sujets : on ne fait pas de la musique pour décrire les notes. Donc ce que vous représentez ne serait pas en cause… Mais c'est là que ça ne va pas, pour moi. Le sujet, dans les arts graphiques, fait partie de l'art, on ne peut pas l'en décoler si facilement. Et d'ailleurs vous ne le faites pas, puisque vous trouvez une "justification" à ce que vous avez représenté. Vos exemples sont à la fois pertinents et non-pertinents. Le cadavre est pour moi un sujet noble, mais pas les bouteilles de coca-cola. Et oui, encore une fois (on y revient toujours), la catégorie du "beau" revient à la charge. Ce qui me gêne, en définitive, dans ce que vous avez représenté ? Sans doute l'aspect, la référence, la connotation "bande-dessinée", je ne sais comment le dire autrement. Je n'ai aucun amour, aucun désir pour la bande dessinée. Je vois autre chose, dans vos dessins. Quelque chose qui va bien au-delà, et c'est pourquoi, peut-être, j'ai réagi si brutalement à ce dessin-ci, qui, pour moi, en rabat beaucoup. Pourquoi est-ce que je n'aime pas la BD ? Ah, le sujet si vaste que je me défile… Peut-être que je peux faire tout de même une réponse, parmi beaucoup d'autres. Le sens est trop là, trop présent, trop lourdement présent : "Un enfant un peu niais a revêtu de travers une cagoule qui lui donne un air pathétique - entre le koala et le zombie. Il a froid malgré son blouson fourré. Il serre contre lui sa peluche fétiche - un pinguoin, familier des grands froids. Il la serre comme Linus dans Snoopy sa fameuse couverture de sûreté (blanket). Le pingouin a l'air surpris et quelque peu gêné d'être l'objet d'une telle affection. Bien sûr ce n'est qu'une peluche, un objet, un produit de notre société d'hyper-production. En tant qu'artefact, va-t-il être un substitut satisfaisant pour cet enfant ? Bref, n'est-ce pas une merveilleuse parabole sur la solitude, le besoin d'amour et la difficulté de l'assouvir dans ce monde glacial qui est le nôtre ?" (Pardon si je ne me relis pas, mais la fenêtre est si petite…)
commentaire n° : 6 posté par : Georges (site web) le: 12/08/2007 11:59:40
Tout d'abord je vous remercie pour cet échange très intéressant. Il soulève des questions qui ne sont pas toutes réglées pour moi. Notamment le rapport à la bande-dessinée (que j'ai bien du mal à faire entrer dans la sphère de l'art (tout en ayant conscience que cette affaire de catégories est un faux problème (sinon on va se demander si le cinéma a bien droit aux lettres de noblesse de l'Art (et pourquoi pas la photographie - toujours moins éminemment artistique que la peinture)).

Je suis partisant de ne pas penser l'art (ni oeuvrer) à partir de catégories, de genres, de formes prédéfinies (la sonate, la peinture à l'huile, etc.), mais plutôt de tenter de considérer ce qu'il est possible de faire de pertinent sans s'inscire dans une catégorie définie. C'est assez casse-gueule, j'en conviens. Cette "liberté" par rapport aux disciplines donne lieu souvent à d'affreux pots-pourris. Pourtant je crois qu'il est possible que certains bâtards soient réellement très beaux dans leur singularité. Je mise là-dessus. Bien sûr je ne prétends pas réussir le défi à tous les coups...

Cela dit je dois avouer que j'ai toujours considéré défavorablement le genre "illustration". Pour moi un dessin d'illustration est soumis à des contraintes qui lui retire à mes yeux la possibilité de prétendre à l'art.

Le dessin de bande-dessinée, lorsqu'il se soumet passivement au genre bande-dessinée - sans le réinterroger radicalement - n'est pas de l'art. Là-dessus nous sommes d'accord. Mais un dessin qui s'appuie, comme pour s'en jouer, sur certains codes narratifs relevant de la bande-dessinée, peut fort bien relever de l'art si la visée du dessinateur est à la hauteur de l'art.

C'est une affaire d'ambition plus que de médium. Qu'importe le médium utilisé : si l'ambition est d'exprimer pleinement, sans concession, cette même masse d'interrogation et d'étonnement qui est celle de l'art depuis ses débuts, immuable à travers les siècles, alors j'y trouve mon compte. (Même si parfois je suis déconcerté par les moyens utilisés : bruits plutôt que notes, limaille de fer plutôt que pigments, ciment et sable plutôt que marbre.)

Par contre, en ce qui concerne le "sujet" à proprement parler, je ne suis par d'accord avec vous : pourquoi un cadavre serait un sujet noble et pas une bouteille de Coca-Cola ? Pensez donc aux contemporains de Chardin : pour eux un bouquet de fleurs était noble mais pas une pauvre cruche en étain. D'ailleurs la nature morte était considérée comme un genre picural inférieur à la peinture d'histoire. Nous voyons bien aujourd'hui, avec le recul, que la peinture d'histoire véhicule souvent moins d'art que les natures mortes de Chardin.

Autre exemple : certains contemporains de Toulouse-Lautrec ou de Degas considéraient encore que les seuls nus nobles étaient les figures de la mythologie et pour rien au monde les prostituées des bordels...
réponse de : (site web) le: 12/08/2007 18:30:19
Autre chose : vous dites que en vous appuyant sur sur les "explications" que j'ai proposées de mon dessin que ce qui vous gêne, peut-être, est le sens trop lourdement présent. Reconnaissez que je ne me suis plié à cette lecture bavarde de mon dessin que parce que vous aviez manifesté une sorte d'incompréhension.

Pour moi, initialement, le sens que j'ai développé ne soutend pas mon dessin. On peut l'y injecter (ce que je me suis amusé à faire), comme un peut injecter des tonnes de blabla derrière chaque nu de Rodin, mais mon dessin se suffisait à lui-même, hors ce discours. (En quoi il n'est pas une "illustration".)

Et si, au lieu d'un enfant, j'avais dessiné une jeune fille nu tenant une poupée avec un air hagard ?
commentaire n° : 7 posté par : François Matton (site web) le: 12/08/2007 13:09:16
J'espère être capable de vous répondre, François. Pour l'instant, je me contente, de revenir sur une de mes affirmations, qu'à la relecture je trouve incroyable de prétention et de bêtise : "Je fais bien de la musique avec des bruits.)" Même entre parenthèses, je renie cette phrase. "Je fais bien de la musique"… Voilà qui reste à prouver !
commentaire n° : 8 posté par : Georges (site web) le: 12/08/2007 13:22:03
> Oui, de même pour moi lorsque j'écris imprudemment "art", "relevant de l'art", "prétendant à l'art", etc.
Je ne prétends à rien de tout ça et n'ai pas ces mots en tête lorsque je me mets à ma table à dessin.
Mais il faut bien en rajouter un peu pour rendre possible un échange comme celui que nous avons.
Bien sûr, si l'on voulait éviter à tout prix ne pas forcer sa pensée au risque de se caricaturer, on aurait gardé le silence...
commentaire n° : 9 posté par : François Matton (site web) le: 12/08/2007 13:31:09
C'est plus que cela, il me semble. L'art n'est jamais certain, n'est jamais donné. j'ai été traumatisé, je l'avoue, il y a quelques années, par un concert auquel il m'était donné d'assister. Il s'agissait d'une improvisation de flûte sur une musique électroacoustique. (C'était des amis.) J'avais détesté ça. Vraiment détesté. J'étais furieux. À la sortie, à un ami musicien qui me demandait mon avis, j'ai fait part (peut-être brutalement) de ma colère. Celui-ci me répondit : « Peut-être, mais ça a au moins le mérite d'exister. » Cette phrase est restée gravée en moi au fer rouge. Le mérite d'exister ! Ah, il y aurait tant à dire que je reste interdit. Et le mérite DE NE PAS exister, y a-t-on pensé ? Est-il vraiment nécessaire de "créer" ? Moi, en tout cas, je ne le crois nullement.
commentaire n° : 10 posté par : Georges (site web) le: 12/08/2007 15:48:44
Moi, le dimanche, je vais me promener.
commentaire n° : 11 posté par : chambrun (site web) le: 12/08/2007 17:19:49
J'ai longtemps pensé que, d'une façon générale, mieux valait rien que quelque chose.

La plupart du temps du moins... La plupart du temps mieux vaut ne rien mettre sur un mur que quelque chose. La plupart du temps mieux vaut se taire que de parler. Mieux vaut le silence que de la musique. Mieux vaut ne rien faire que de s'agiter.

Mais je me suis aperçu que c'était un point de vue de puriste qui associe le "quelque chose" à une inéluctable compromission de la pure virtualité.
Le vide est propre, le plein est sale.
Avec le plein on n'est pas loin du tas, de l'amas. (En ce sens l'expression "plein de merde" est presque un pléonasme...)
Le vide comme le néant est très chic. Avec lui on ne risque rien. Dans cette perspective l'abstention est la plus grande vertu. Rien de tel pour éviter tout ridicule que de s'abtenir de parler, de dessiner, de s'engager, de draguer, de baiser.

Voilà ce que j'ai longtemps pensé.

Et puis un jour j'ai réalisé que le "quelque chose" n'était pas séparé du vide, mais qu'il en était l'expression toute naturelle. Si tout ce qui apparaît en ce monde, tout ce qui se fait, se crée, se dit, se bricole, si tout cela est l'expression naturelle du vide, la manifestation même de la source vide, alors pourquoi rester réticent ?

Dieu est dans chaque grain de poussière, disent les Indiens. Dieu est dans le crayon que je tiens, Dieu est dans tout ce que je fais, Dieu est dans tout ce qui a lieu.

S'il prend l'envie à Dieu de s'amuser en dessinant à travers moi, même mal, je ne vais tout de même pas l'en empêcher !
commentaire n° : 12 posté par : François Matton (site web) le: 12/08/2007 17:23:49
Bouducon ya débat!  Alors là je suis complètement d'accord avec vous mr Matton : peu importe le médium pourvu qu'il y ai un propos. Quant à savoir s'il y a art ou pas, c'est pas le plus intéressant. Pour ce qui concerne la "bédé" (j'utilise sciemment cette orthographe qui renvoie à cet "art" populaire si critiqué par certains puristes), elle peut aussi être profonde, métaphysique, complexe (et non pas seulement monosémique et illustrative). Je conseille à Georges la lecture des derniers ouvrages de blutch (la volupté entre autre) pour s'en persuader ou journal d'un fantôme de de crécy. Après tout, le cinéma aussi compte des navets, et la litérrature ne compte pas beaucoup de beckett. J'aime pour ma part la bd parce que justement c'est un art bâtard, pris entre cinéma et littérature, style enfantin et adulte. Et même si c'est pas un art, tant mieux (cf l'asphyxiante culture du sieur dubuffet). La photo à ses débuts n'était pas considérée non plus comme un art (quand elle parodiait la peinture).
Et rien de plus facile que de cultiver la pseudo complexité pour faire oeuvre. Les galeries et les frac, ainsi que les musées comptent aussi leur part de "bad art". De commande facile où l'artiste contemporain devient son propre singe ou l'illustrateur d'une image d'épinal de ce que doit être l'art. Ce qu'est l'art on le sait pas et les meilleurs artistes prennent la liberté de se poser la question jusqu'au bout de leur existence, sans forcément chercher une réponse figée. Sans forcément conclure et sans se limiter.
commentaire n° : 13 posté par : misterb (site web) le: 16/08/2007 13:41:04
"J'aime pour ma part la bd parce que justement c'est un art bâtard, pris entre cinéma et littérature, style enfantin et adulte."

Non ???
commentaire n° : 14 posté par : Georges (site web) le: 16/08/2007 23:30:08
 
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