Livres parus

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A propos

« La finesse graphique de ce blog en fait un des tout premiers exemples d'usage intelligent et sensible du net sur ce registre.
Il donne du plaisir et à penser. Merci. »

Jean-Luc Nancy

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francois.matton@aliceadsl.fr

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Jeudi 28 juin 2007

« L’art n’a pas seulement à connaître des formes, ni de l’œuvre, ni de l’homme – et encore : de l’ordre, de la mesure, du contour – mais cela qui les conteste, qui les nie, et où il prend appui : l’informe, l’existence anonyme, la parole sauvage, l’absence d’œuvre. »

Hubert Damish, La Danse de ThéséeRupture-Culture.

















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Mardi 26 juin 2007














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Lundi 25 juin 2007



                     (En dédicace avec Julie Faure-Brac, samedi, au Frac de Reims.)




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Dimanche 24 juin 2007




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Vendredi 22 juin 2007
















* * *




(Ce dessin a été réalisé dans l’esprit de J’ai tout mon temps (lavis en plus). Je l’ai fait avant-hier après avoir relu dans Marelle la présentation, par Pierre Ménard, de mon livre pour un atelier d’écriture :)


L
e livre se présente comme un journal. Mais c'est un journal un peu particulier au format inhabituel (à l'italienne), composé uniquement de petits dessins légendés. Un journal en images. Et ce n'est pas tout ce qui le rend particulier. Car un journal en image on a déjà vu ça. Là ce qui est différent est dans le rapport qu'entretient le texte avec l'image. Et l'image avec le texte. En fait, on n'arrive pas à savoir qui vient en premier. C'est un journal du quotidien. Un quotidien recomposé. La phrase est courte. "J'ai tout mon temps". "Si je m'applique sérieusement je peux disparaître". "Cette fois c'est sans espoir. J'ai fait d'affreux cauchemars".

"De ma fenêtre la rue est triste". "Je remonte le temps. Je n'ai plus d'âge." "C'est une question de vie ou de mort". "Je m'entends respirer."

"Au fil du texte comme au film des dessins, écrit Gérard Lefort, dans "Libération", ce qui paradoxalement se dilue, c'est une certaine idée obsessionnelle de soi."

Les textes sont entièrement construits et propulsés par un mouvement intérieur. Dans les vignettes de François Matton on retrouve les tropismes de Nathalie Sarraute, ces sortes de mouvements difficiles à déceler, à définir, parce qu'ils n'entrent dans aucune catégorie psychologique, des états de conscience aussi fulgurants que banals. Ce sont des mouvements qui poussent le langage, donnent naissance au rythme de la phrase, et constituent des sortes de petites actions dramatiques, qui se passent tout à fait de personnages nommés, de temps chronologique défini. Et c'est bien là la fascination si particulière de l'ouvrage de François Matton. Ce rapport au temps.



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Jeudi 21 juin 2007




Mercredi
. Je me réveille à six heures et quart avec le réveil-matin de mes voisins. Je reste un moment allongé. Je les entends prendre leur douche. C’est interminable. Je me lève avant qu’ils n’aient fini. Je prépare le café en maugréant. J’hésite à mettre la radio mais me ravise. Pendant que le café s’écoule je mange quelques pruneaux secs. Je cherche les plus tendres dans le paquet. Je tombe sur certains qui sont particulièrement tendres et joufflus – ce qui m’égaie un peu. Il fait déjà très chaud. Je regrette de ne pas avoir ouvert toutes les fenêtres en grands avant d’être allé me coucher hier soir. Me revient à l’esprit la nouvelle image que je me fais de Sartre depuis que je lis ses Lettres au Castor : un homme très stable, d’une grande santé, très affectueux et enthousiaste, capable de manquer de sommeil sans que ça n’affecte son humeur. Je finis mon café en cherchant des photos de Beauvoir et de lui sur Google. La voisine finit seulement sa douche lorsque je retourne à la cuisine pour me faire une tartine de pain intégral. Miel et margarine non hydrogénée. Il faudra arroser les plantes. En regardant mon courrier je m’aperçois que Pierre Ménard a laissé un commentaire sur mon blog. Je visite longuement son propre blog, très beau, et de fil en aiguille je retombe sur le texte qu’il avait écrit dans Marelle sur mon livre. Ensuite il est temps d’aller me laver les dents. Mais je ne prends pas de douche parce que je compte aller à la gym. Ce que je fais d’ailleurs à midi. Il n’y a pas de monde mais il fait très lourd. Je sue (ce qui est rare). Je souffre pas mal également, mais j’aime ça. J’aime souffrir et voir les autres souffrir. Là, allongé sur le tapis, on peut s’oublier enfin. Ca fait de beaux regards un peu absents. A une heure et demie je retourne à l’appartement. Il reste du riz que je réchauffe en un rien de temps. Je finis mon repas par une pomme qui, comme je m’y attendais, n’a rien d’exaltant. En début d’après-midi je pars aux Halles. J’achète Commande publique de Renaud Camus et L’Idiot d’Anne Herbauts. Comme le monde est petit, ne puis-je m’empêcher de me répéter comme un idiot, comme le monde est petit et comme l’idiot est beau ! A la caisse je suis fasciné par les doigts extraordinairement longs du vendeur. J’ai peur un instant d’en oublier le code de ma carte bancaire. Mais non, ça passe. En sortant du magasin j’ai peur de faire sonner l’alarme. Mais non, rien. Dehors l’air me semble plus léger. L’envie me prend de rentrer à pied. Sur le chemin, en contournant Bastille par de petites rues, j’aperçois, alignés sur le trottoir, toutes sortes d’objets amassés qui font un curieux cortège noir. Il s’agit du contenu d’un appartement qui vient de prendre feu. Les objets (matelas, chaises, livres, jouets, coussins, etc.) dégagent une odeur répugnante. Malgré tout, surmontant mon dégoût, je reste longtemps à observer cette masse noirâtre. Les poupées en plastique ont fondu et font de très pathétiques grimaces. Les oursons et autres peluches ont perdu leur poil - ou bien il est devenu tout crépu. Je pense aux locataires de l’appartement qui doivent être bien humiliés de voir toutes leurs affaires ainsi exposées aux yeux de tous. A moins qu’ils n’aient péri dans l’incendie. Mais je n’aperçois aucun corps dans les décombres.
Lorsque j’arrive à l’appartement, un peu plus tard, je suis de très bonne humeur et je me mets à dessiner avec entrain.


 


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Mardi 19 juin 2007
anti_bug_fc



 

Lundi. Je me lève à six heures. Vais me moucher dans la cuisine, saigne un peu du nez, tousse, siffle légèrement des bronches. Je reste debout dans le séjour quelques instants. Il fait encore nuit. Je me recouche et me rendors aussitôt. Me relève à neuf heures. Douche. Je m’aperçois en mettant du déodorant inodore en crème que j’ai encore un peu de mousse sous l’aisselle droite. Café, céréales, lait de soja, abricots secs. Je vérifie ma déclaration d’impôt sur internet. Je croyais m’être trompé, mais non, tout est ok. Je suis content. Je me sens adulte. C’est plutôt rare. Ensuite, blog. Joseph Beuys et son lapin mort. Je change la couleur de la petite ombre sous le lapin. Ca devient une tache de sang. Je repense à cette histoire du lapin qui tuait un chasseur (chanson de Chantal Goya) : si le lapin tire sur le chasseur il le tue, mais avec le recul le fusil tue le lapin. Voilà ce que Chantal Goya ne dit pas dans sa chanson. Les lapins, paraît-il, vivent dans une terreur permanente. Les chats, qui ont un peu le même poids et la même taille, sont beaucoup plus tranquilles (sauf traumatisme). Ensuite je fais plusieurs essais de mise en page pour la publication en livre de mon feuilleton dessiné. En modifiant l’espace entre les bandes c’est tout le propos que je modifie. C’est un travail véritablement musical : mélodique et rythmique. J’y passe beaucoup de temps. L’heure file. Je déjeune à trois heures. Comme je suis assis depuis des heures, je mange debout pour me délasser. Abricots secs, banane séchée, et un melon entier. Le rosier dans la cour est immense. Combien de fois est-ce que j’ai tenté de le dessiner sans jamais y arriver ? Je fais mon lit, je me lave les dents. Je prends un Aspro 500 mais je ne suis plus malade, juste un peu courbaturé. J’ai appris samedi que l’aspirine pouvait brouiller l’estomac. Je savais que c’était le cas pour les antibiotiques, mais j’ignorais pour l’aspirine. En tout cas moi ça ne m’a jamais fait de mal. J’ai une santé à toute épreuve pour les médicaments. Je retourne à mon ordinateur. Je me disperse. Je flotte. Au bout d’un moment j’en ai assez et je sors faire des courses. Grande joie de retrouver la rue et les autres. Rien qu’à cause de cette joie simple, ça va être difficile de quitter Paris un jour... Dans le magasin je regarde longuement les différentes pâtes au sarrasin, à l’épeautre et au quinoa. Une femme se plaint à un vendeur d’avoir chez elle des mites alimentaires. Le vendeur lui dit que cette année est une année à mites. Je dis que j’en ai eu aussi, et surtout dans le sésame dont elles semblent raffoler. Mon témoignage réjouit la femme : « Ah ça fait plaisir d’entendre ça, je me sens moins seul ! » Je lui souris comme si j’étais quelqu'un de très aimable. Quand je retourne à mon panier je ne le retrouve pas. Il y en a bien un qui ressemble au mien mais il y a des produits que je n’ai pas achetés (deux flacons d’huiles essentielles - clous de girofle et lavande). C’est une vieille dame qui s’est trompée. Ca la fait beaucoup rire. Un peu plus loin je cherche des pommes qui ne sont pas trop lisses ni trop molles. La récolte est très médiocre. Je n’en ramasse que sept – et encore, elles ne sont pas formidables. Comme il n’y a plus d’étiquettes pour le pesage des fruits, il faut mettre les fruits sur la balance, taper la touche correspondante et recopier sur le sac le prix indiqué sur l’écran. Je me dis que s’ils veulent faire des économies c’est un mauvais calcul parce qu’on ne va sûrement pas tarder à leur embarquer leur gros feutre noir. Le type à la caisse sent fort la sueur. Il a une petite barbiche frisée qui me gratte pour lui. Mon sac à dos est plein à craquer, je suis obligé de prendre un sac supplémentaire. En passant près du square, un enfant grimpe sur un horodateur pour aller prendre une carte électronique jaune qui était posée dessus. Il m’a fait penser à un petit singe, comme on en voit dans les villes en Inde. Je ne l’ai pas vu de mes propres yeux, mais plusieurs fois à la télé (quand j’avais encore la télé), et peut-être dans L’Inde fantôme ou Calcutta de Louis Malle. En rentrant à l’appartement j’aligne les citrons sur le petit balcon pour qu’ils mûrissent encore un peu (de toute façon il n’y a plus de place ailleurs). La température est idéale et il n’y a pas un bruit. Je reste un moment à regarder le gros rosier sous la fenêtre. Il est déjà cinq heures. Je retourne travailler un moment à combiner mes mises en pages. Ce n’est pas un travail désagréable. J’écris au FRAC pour leur signaler le petit article sur De pièces en pièces. J’en profite pour leur rappeler leur proposition de mettre en avant le livre à la librairie Beaubourg. Il y aurait possibilité d’exposer quelque chose en vitrine. Je n’y crois pas trop mais je fais semblant. A six heures je m’autorise à lire les Lettres au Castor de Sartre. Il me vient alors l’idée d’emporter cet été la correspondance de Flaubert. En Pléiade, j’en ai pour un moment. Un seul livre, ça simplifie tout. Je compte faire des aquarelles. Mais il faut que j’achète un répulsif à insectes. On ne peut pas bien dessiner si on est piqué sans arrêt de partout à la fois. A sept heures je me fais cuire une grosse ration de riz complet. J’en aurai pour toute la semaine. Je le mange avec appétit devant mon ordinateur alors que je cherche sur Google des images de voiliers en bois. Entre deux vieux gréements, je tombe par hasard sur cette phrase célèbre de Debord qui m’avait enchanté en l’entendant dans In Girum : « Oui, je me flatte de faire un film avec n’importe quoi ; et je trouve plaisant que s’en plaignent ceux qui ont laissé faire de toute leur vie n’importe quoi. »




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Lundi 18 juin 2007






On peut lire ce petit article dans le mensuel bordelais Spirit :


François Matton
De pièces en pièces
Chroniques sur des œuvres nomades
Editions P.O.L

Ni BD, ni essai, ni catalogue, plutôt carnet de croquis mis en perspective raisonnée, ces chroniques ont la particularité d’un texte entièrement manuscrit. D’où un de ces livres, rares, qui gratifient le lecteur de clins d’œil et d’appels du pied (sic) sur ce que fait parfois la main libérée du clavier et de la souris d’ordinateur. « Quand il s’agit d’un workshop, ou de la création d’une pièce in situ (…) il est nécessaire (…) de réellement camper sur le lieu. / J’ai connu ça en 1999 (…) dans un bâtiment ----> près de Ronchamp… » Dès lors, avec la complicité de la Région Champagne-Ardenne, est née l’idée des « œuvres nomades ». Après la friche de Ronchamp, il y a eu une intervention aux Restos du Cœur, puis des initiatives de location d’œuvres. Ecrire, dessiner, colorier, mener une réflexion sur la fabrique, la réception et les usages de l’art, un tel livre prouve que c’était aussi possible que nécessaire.

[André Paillaugue]










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Samedi 16 juin 2007
anti_bug_fcPour pvb...

 




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Vendredi 15 juin 2007

J’ai déjà dit plusieurs fois mon horreur devant la prolifération des images qui s’interposent, toujours plus nombreuses, entre nous et le réel.

En doublant le monde par une représentation bouffonne et braillarde, les images repoussent le réel de telle manière qu’on finit par ne plus être en contact avec lui, mais uniquement avec des simulacres.

C’est un phénomène analysé depuis longtemps par de nombreux penseurs et que connaissent bien ceux qui ne sont pas les gogos tristement hilares de notre monde d’écrans et de magazines.

Pourtant je mets en ligne presque quotidiennement des dessins sur ce blog… Ne suis pas en pleine contradiction ? Est-ce que je ne participe le premier, avec zèle, à la prolifération que je viens de déplorer ?

Je ne crois pas. Mes dessins ne sont pas des images qui viennent se substituer avec arrogance au réel. Il s’agit même de tout l’inverse : mes dessins viennent de l’observation stricte du réel immédiat, et invitent celui qui les regarde à refaire le même travail d’observation que moi.

Du fait de leur aspect embryonnaire, non achevé, ils ne sont pas fermés sur eux-mêmes, auto satisfaits et coupés du réel.

On ne travaille bien qu’avec la foi en ce que l’on fait. J’ai foi en mes dessins. Foi en leur capacité de réactiver un contact plus intime avec un réel toujours présent, par-delà les images qui le voilent.

 










      





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Jeudi 14 juin 2007


            
Ce qui, à l'échelle du mur, donne ceci :





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Mercredi 13 juin 2007
dans Les Fraises Sauvages




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Mardi 12 juin 2007



                                    Le feu chauffe, le vent est en mouvement.
                                    L’eau est humide, la terre est dure.
                                    Pour les yeux, il y a la couleur.
                                    Les oreilles perçoivent les sons, le nez relève les odeurs.
                                    La langue peut différencier le sucré du salé.
                                    Mais toutes les existences, comme les feuilles de l’arbre,
                                    Sont alimentées par la racine.
                                    L’origine et la fin résultent de la même source : le vide.

                                    San Do Kaï, Sekito Kisen (700-790)



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Lundi 11 juin 2007








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Dimanche 10 juin 2007
















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Vendredi 8 juin 2007








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Mercredi 6 juin 2007


Cette nuit j’ai rêvé que nous n’avions plus de tête, ni de bouche, ni d'yeux, ni d'oreilles, ni de cou, ni de tronc, ni de jambes, ni de sexe, ni d'abdomen. Bref, nous étions tous considérablement allégés. La seule chose qui nous restait étaient nos mains. (Allez savoir pourquoi…) On voyait ces mains bouger et dessiner en l’air de drôles de gestes avec une lenteur merveilleuse.

 










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Mardi 5 juin 2007




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Lundi 4 juin 2007



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Dimanche 3 juin 2007
(Mauriac et Duhamel)


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