Livres parus

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« La finesse graphique de ce blog en fait un des tout premiers exemples d'usage intelligent et sensible du net sur ce registre.
Il donne du plaisir et à penser. Merci. »

Jean-Luc Nancy

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Dimanche 12 août 2007






Tout ce qui est, est ceci… est cela…
est…

l’un apparaissant en tant que deux
rien apparaissant en tant que tout
l’absolu apparaissant en tant que particulier
le vide apparaissant en tant que plein
l’unicité apparaissant en tant que séparation
le singulier apparaissant en tant que pluralité
l’impersonnel apparaissant en tant que personnel
l’inconnu apparaissant en tant que connu

 C’est le silence se faisant entendre, l’immobilité en mouvement et
ces mots apparaissant en tant qu’orientation vers l’indicible

 et cependant rien ne se passe.

 

 (Tony Parsons, Tout ce qui est)


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Samedi 11 août 2007




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Mercredi 8 août 2007
(pour Axel)




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Mardi 7 août 2007

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Lundi 6 août 2007



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Vendredi 3 août 2007













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Mercredi 1 août 2007






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Mardi 31 juillet 2007










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Samedi 28 juillet 2007








En redescendant du Lac des Estaris, nous nous arrêtons un peu avant les bergeries, à cet endroit de rêve que nous avions remarqué à l’aller, sous trois saules, juste au bord de la rivière.

Nous n’avons rien à nous dire. Nous sommes ensemble depuis plus d’une semaine, nous sommes fatigués et en nage.

Je m’allonge dans l’herbe.

La nature grouille. La stridence des sauterelles se mêle au bruit de l’eau qui court. L’herbe n’a jamais senti aussi bon.

Je plonge dans un doux état de somnolence traversé de réflexions sans suite et flotte entre rêve et réalité.

Je suis un enfant au bord des larmes et une mère me berce en chantonnant. Mais elle chante dans une langue étrangère, et lorsque je veux soulever mes paupières lourdes comme du plomb pour la regarder, ce que je vois c’est le visage de la montagne qui se penche sur moi et me chuchote quelque chose à l’oreille.

Un insecte me réveille soudain. Je me redresse et jette un œil vers Anne. Elle s’est déchaussée pour plonger ses pieds fatigués dans l’eau glacée de la rivière. Une lumière blanche l’enveloppe, terriblement vive et aveuglante, et il me faut quelques instants pour que je puisse voir la totalité du tableau édénique où nous nous trouvons…








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Vendredi 13 juillet 2007













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Jeudi 12 juillet 2007














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Mercredi 11 juillet 2007







*  *  *



« La poésie représente toujours, presque forcément, une certaine adhésion à ce qui est. Je ne dirais pas une adhésion à l’ordre établi, c’est tout à fait autre chose, mais il y a toujours fondamentalement chez le poète ce que j’appelle le sentiment du "oui". L’idée que le monde est tout de même une chose assez merveilleuse – la présence au monde… Et ce sentiment du "oui", d’une certaine adhésion (qui n’est d’ailleurs pas du tout exclusive de révolte ou de douleur), me paraît fondamental dans la poésie. Il ne peut y avoir poésie s’il y a séparation et refus du monde tel qu’il est. C’est visible, par exemple, chez Baudelaire. Et Dieu sait que c’est assez amer, mais il y a tout de même ce sentiment profond de coïncidence, d’émerveillement. »

Julien Gracq, Entretiens.


 

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Mardi 10 juillet 2007












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Samedi 7 juillet 2007
















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Jeudi 5 juillet 2007












 

 « C'est du cinéma pour dire qu'on pourrait en faire. »

Cher Sylvain, tu dis trouver "terrible" cette phrase que Positif a eue à propos de Godard.
Moi je ne la trouve pas ça si terrible que ça. Cet aspect de virtualité ne me déplaît pas. Laisser entrevoir une possibilité non actualisée, c'est assez beau, non ?
Bien sûr cette mise en appétit est vite frustrante pour les gros mangeurs que sont certains lecteurs ou certains spectateurs, mais elle n'est pas sans charme (et même la frustration elle-même).
Lignes de fuite, mon premier livre, commence pour une série de propositions au conditionnel : « ce serait le cadre d'une histoire / ce serait le fil de l'histoire / il pourrait faire de l'orage / on ne s'occuperait pas de savoir si c'est pour de vrai ou pour de faux / on se laisserait aller au caprice de la ligne / au caprice de l'heure / (-- comme au cinéma ?) / nous voyagerions ensemble (...)
Et dans la préface j'ai écrit « Après avoir circonscrit d'un trait un petit espace vide sur le blanc de la feuille, je reste souvent longtemps sans vouloir aller plus loin, ravi de m'en tenir à une si belle amorce. (...) TOUT POURRAIT ARRIVER - c'est déjà bien assez. »
A mes yeux rien n’est plus beau qu’un projet.
(C'est que je suis plus doué pour rêver sur la vie que pour la vivre réellement... (Comme je suis sûrement plus doué pour rêver d'une oeuvre que pour la réaliser…))
Je crois qu'on pourrait dire d'un certain aspect ce que je fais que « C'est de la BD pour dire qu'on pourrait en faire ».
Si je faisais vraiment de la BD, il y a fort à craindre que je m’ennuierais et que ça ne soit pas très bon.


Je lisais justement hier soir dans les Carnets de la drôle de guerre de Sartre une réflexion tout à fait en rapport avec ce que j'essaie de dire : « L'aventure fuit toujours l'aventurier au milieu des conjectures les plus extraordinaires. C'est en quoi l'aventure est un irréalisable. Elle n'apparaît qu'au passé à travers le récit qu'on en fait. (...) Les irréalisables peuvent toujours être représentés mais ils ne peuvent être jouis et c'est ce qui leur donne leur caractère harcelant et ambigu. »

J'ai une grande conscience de ce caractère d'irréalisable de l'existence.
Sartre a l'air de dire que ce qui est irréalisable dans la vie ne peut l'être que par l'art. Par l'art on pourrait jouir de ce qui nous échappe toujours au fil des jours. Je ne suis pas sûr que cela donne le meilleur art. Un art qui vienne combler les trous de notre vécu ? Bof. Je ne suis pas sûr de pouvoir marcher avec ça (comme je ne marche pas avec un cinéma de sentiments pleins, façon Lelouch...)
Même en lisant Proust je ne suis jamais comblé totalement. Ce n'est pas le satori. Ca en parle, ça l'évoque, ça le cerne mais ça ne le fait pas vivre réellement. La jouissance littéraire totale est toujours remise à plus tard. J'ai la même impression avec tous les arts, à commencer par le cinéma : les bons films renforcent toujours la foi dans le cinéma, la croyance qu'il pourrait nous combler.
Alors quand Godard fait des films pour dire qu'on pourrait en faire, je trouve qu'il pointe honnêtement sa foi dans le cinéma en même temps qu'il fait l'aveu que cette foi ne le comble pas et ne le comblera jamais totalement.
Pour reprendre les termes de Sartre, on ne peut réaliser l'irréalisable. LE bon film, LE bon livre ou LA bonne peinture qui apporteraient un comblement parfait sont irréalisables.


Finalement je crois qu’on ne peut faire des films, écrire des livres et dessiner que pour réactiver notre foi toujours déçue en l'art.






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Mercredi 4 juillet 2007














(J’ai réalisé ces dessins suite à une commande qui m'a été passée par la société espagnole Demipage qui réalise un livre autour d'une exploitation très ancienne de magnésie dans la région de Navarre. Il s’agissait de retracer brièvement la chaîne d’exploitation et de production.)




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Mardi 3 juillet 2007
(En hommage à Chris Nikolson)










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Lundi 2 juillet 2007





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Dimanche 1 juillet 2007








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Jeudi 28 juin 2007

« L’art n’a pas seulement à connaître des formes, ni de l’œuvre, ni de l’homme – et encore : de l’ordre, de la mesure, du contour – mais cela qui les conteste, qui les nie, et où il prend appui : l’informe, l’existence anonyme, la parole sauvage, l’absence d’œuvre. »

Hubert Damish, La Danse de ThéséeRupture-Culture.

















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