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« La finesse graphique de ce blog en fait un des tout premiers exemples d'usage intelligent et sensible du net sur ce registre.
Il donne du plaisir et à penser. Merci. »

Jean-Luc Nancy

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Dimanche 16 septembre 2007





(Grande lassitude dominicale.)









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Samedi 15 septembre 2007
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Vendredi 14 septembre 2007
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« "Sente étroite", certes ce trait du bout du crayon qui visite toutes les régions du pays terrestre mais fait que l’on comprend vite que tous les lieux s’équivalent, que l’on est toujours au centre du monde. D’où suit que si la fresque du XIVe siècle a autre apparence et style que le Bar aux Folies-Bergère, le dessin tracé dans la fresque – la sinopia, qui apparaît dans l’écaillement ou au moment des déposes – est de même esprit et presque même figure chez l’obscur giottesque ou chez Delacroix ou Manet. Les siècles passent sans rien changer au dessin quand celui-ci n’a souci que de l’amande des choses.

Dessiner : comme aller loin, dans les pierres. »

 

Yves Bonnefoy, Remarques sur le dessin


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Jeudi 13 septembre 2007
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« Voir parce que l’on a appris à ne plus voir. Voir comme l’archer zen, qui n’a plus besoin de regarder ce qu’il vise. C’est ce qu’Henri Cartier-Bresson cherchait à faire en photographie déjà : réagir à la circonstance qui s’offre, de façon si rapide qu’en serait pris de court l’interprétation (…) pour mieux se déconnecter des significations véridiques mais tout de même superficielles qui risquent d’entraver cette réaction de survie (…)

Avoir entrevu, et maintenant chercher à voir, pleinement, et non à comprendre (…)

Combien faut-il s’évertuer pour être libre ! Que d’habitudes à défaire (avec précaution, pour ne pas blesser ce qui est) ! Et tant de maniérismes perdurent dans le poignet le plus souple ! Dessiner c’est abandonner, sacrifier ses biens, brûler ses vaisseaux. On pense à Bashô, cette fois, au début de la « sente étroite » : « Moi-même, depuis je ne sais quelle année, lambeau de nuage cédant à l’invite du vent, je n’ai cessé de nourrir des pensers vagabonds. »

Yves Bonnefoy, Remarques sur le dessin


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Mercredi 12 septembre 2007
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« Dessiner : avoir à choisir entre imiter un objet ou produire un signe. Soit évoquer un contour, un rythme, une texture que l’on perçoit en un point du monde, et laisser ainsi la forme qui naît sur la feuille entendre l’appel d’un fait de réalité qui transcende tous les savoirs. Soit tracer à partir de rien dans la perception – de rien, mais peut-être aussi bien d’une réminiscence de tout, eût dit Mallarmé – la structure tout à fait abstraite qui n’aura de sens que par convention : sauf qu’elle donne à rêver que sous sa figure arbitraire elle a réalité elle aussi, autant sinon plus que n’en a notre univers illusoire. Simples inventions des civilisations successives, destinées à se refermer sur leur signification d’un moment quand le sable du temps les aura recouvertes ? Ou idéogramme d’un absolu, affleurant – bien que de façon difficile, demandant ascèse ou imitation – dans la relation de l’être parlant à soi-même ? Le signe est cette question quand simplement dessiner, se porter dans le trait vers le corps ou l’arbre qui sont au-delà des mots, a chance de dissiper en nous ce langage qui nous trouble de ses questions. »

Yves Bonnefoy, Remarques sur le dessin

 

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Mardi 11 septembre 2007
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Lundi 10 septembre 2007
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PS : Je viens de finir le Journal (1957-1962) de Catherine Robbe-Grillet, et c'est une nouvelle illusion qui tombe : je pensais que Robbe-Grillet était un homme heureux, serein, vivant tranquillement en phase avec le monde (ce que je croyais du fait de son intérêt pour la botanique, les jardins, etc). Il s'avère très inquiet, passant son temps à essayer de faire valoir le plus possible son oeuvre, courant le monde de conférences en conférences comme une sorte de représentant de commerce, cherchant à vendre son idée du Nouveau-Roman comme d'autres leur aspirateur sans sac... Fastidieux.

 

 


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Samedi 8 septembre 2007
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Jeudi 6 septembre 2007
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Mardi 4 septembre 2007


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Lundi 3 septembre 2007

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Samedi 1 septembre 2007
(Poème de Dominique Fourcade)


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Jeudi 30 août 2007


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Mardi 28 août 2007










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Lundi 27 août 2007






« Quand j’entrais chez mon oncle, il me semblait entrer dans un sanctuaire mystérieux, et, comme le salon était en effet un sanctuaire fermé, je priais tout bas madame Bourdieu de m’y laisser pénétrer. Alors, pendant que les grands-parents jouaient aux cartes après dîner, elle me donnait un petit bougeoir, et, me conduisant comme en cachette dans ce grand salon, elle m’y laissait quelques instants, me recommandant bien de ne pas monter sur les meubles et de ne pas répandre de bougie. Je ne voyais donc que très confusément les portraits de Largillière, les beaux intérieurs flamands et les tableaux des maîtres italiens qui couvraient les murs. Je me plaisais au scintillement des dorures, aux grands plis des rideaux, au silence et à la solitude de cette pièce respectable que l’on semblait ne pas oser habiter et dont je prenais possession à moi toute seule.

Cette possession fictive me suffisait, car dès mes plus jeunes années, la possession réelle des choses n’a jamais été un plaisir pour moi. Jamais rien ne m’a fait envie en fait de palais, de voitures, de bijoux et même d’objets d’art ; et pourtant j’aime à parcourir un beau palais, à voir passer un équipage élégant et rapide, à toucher et retourner des bijoux biens travaillés, à contempler les produits d’art ou d’industrie où l’intelligence de l’homme s’est révélée sous une forme quelconque. Mais je n’ai jamais éprouvé le besoin de dire : « Ceci est à moi », et je ne comprends même pas qu’on ait ce besoin-là. (…) je me sens de la race de ces bohémiens dont Béranger a dit :

Voir c’est avoir.

Je ne hais pas le luxe, tout au contraire, je l’aime ; mais je n’en ai que faire pour moi. (…) Enfin je ne suis pas née pour être riche, et si les malaises de la vieillesse ne commençaient à se faire sentir, je vivrais très réellement dans une chaumière du Berry, pourvu qu’elle fût propre, avec autant de contentement que dans une villa italienne. »


George Sand,
Histoire de ma vie.



 

 













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Mercredi 22 août 2007




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Mardi 21 août 2007



























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Samedi 18 août 2007
(En marge à gauche en page d'accueil.)

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Vendredi 17 août 2007





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Mercredi 15 août 2007
Mathieu creuse sa tombe.








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