« La finesse graphique de ce blog en fait un des tout premiers exemples d'usage intelligent et sensible du net sur ce registre.
Il donne du plaisir et à penser. Merci. »
Jean-Luc Nancy

J'en suis à un tel point de sagesse ou d'abrutissement que je ne sais plus distinguer le vrai du faux.
Pour distinguer le vrai du faux (ce qui peut être utile), j’aurais spontanément envie de dire que le vrai c'est ce qui fait mal. Par exemple, ce qui permet à coup sûr de savoir si le coup du revolver qui vous vise est vrai ou pas, c'est la douleur qui s'en suit. Si ça fait mal, c'était pour de vrai.
Mais ce critère n'est pas suffisant.
Le faux peut également faire souffrir. Les simulacres peuvent nous arracher des larmes. (Mais un simulacre n'appartient-il pas un peu à la réalité ? Y a-t-il quelque chose qui ne soit pas vrai, réel ?)
D'un certain point de vue tout appartenant au réel, tout est vrai. Même le mensonge, même la fausseté.
D'un autre point de vue tout est illusion, représentation, cinéma dans nos petites têtes éblouies, voile de Maya.
(Pas facile, Bill.)